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11 ème  Année
Dimanche 23 Décembre 1900
Numéro  527
LA PREMIÈRE FEMME-AVOCAT - PRESTATION DE SERMENT DE MME PETIT

La première femme-avocat
Prestation de serment de Mme petit

Depuis longtemps les femmes ont le droit de passer leur examen de bachelier ès lettres ou ès sciences, elles ont aussi celui d’apprendre la médecine et de l’exercer, on leur a permis d’être licenciée et doctoresse en droit. Mais il n’était pas admis qu’elles puissent exercer la profession d’avocat et c’était, on doit en convenir, assez illogique.
Maintenant, la carrière leur est entièrement ouverte, elles peuvent être avocat, peut-être un jour seront-elles juge et cela ne manquera point de piquant.
La première reçue est une Russe née à Kiew, de son nom de jeune fille, Mlle Olga Balachowski, naturalisée française en conséquence de son mariage avec Me Petit, son confrère, avocat comme elle et attaché au cabinet du ministre du commerce.
Ces deux avocats si étroitement liés auront-ils à plaider l’un contre l’autre, pour le compte des autres, bien entendu ? C’est ce que la suite nous apprendra.
Je crois bien qu’il y a un article du règlement qui s’y opposerait, et que ferait appliquer soit le président, soit le conseil de l’ordre.
Mais nous n’en sommes pas là, Mme Petit n’a point encore plaidé, quoiqu’elle en ait le droit, puisqu’elle a prêté serment devant la première chambre de la cour d’appel, présidée par M. Forrichon.
Selon l’usage, la récipiendaire a été introduite par Me Devin, bâtonnier de l’ordre des avocats, elle a produit la meilleur impression car elle est charmante ; avec beaucoup de goût en même temps que de simplicité, elle avait recouvert sa robe de femme de sa robe d’avocat dont avec rien, un simple pli par-ci, par-là, elle avait fait un costume très seyant.
La salle d’audience était, comme on le pense, absolument bondée.

Les inventions illustres - Les bateaux à vapeur
(Expérience du marquis de Jouffroy d’Abbans)
Nous comptons consacrer de temps à autre une page du Supplément aux inventions illustres dont notre pays a profité depuis un peu plus d’un siècle.
Nous commencerons par les bateaux à vapeur.
En 1690, Denis Papin, modeste médecin français que la révocation de l’édit de Nantes avait forcé de s’exiler, invente sa marmite célèbre, la première machine à vapeur.
En 1775, un jeune gentilhomme, le marquis de Jouffroy d’Abbans, après un long séjour à l’île Sainte-Marguerite, frappé de l’imperfection du mode de propulsion des navires, recherche le moyen de suppléer à l’action du vent. Après plusieurs années d’études et d’essais infructueux, il parvient en 1783 à faire une expérience concluante de son bateau à vapeur. Il lui fait remonter le cours de la Saône, de Lyon à l’île Barbe, devant 10000 spectateurs émerveillés de voir fonctionner ce bateau sans qu’un seul homme parût sur le pont et grâce à l’action de la machine enfermée dans ses flancs.
Il s’agissait d’un bateau de quarante-six mètres de longueur sur quatre mètres et demi de largeur, une machine à vapeur atmosphérique communiquait d’abord le mouvement à deux sortes de volets se fermant et s’ouvrant alternativement et qui furent ensuite remplacés par deux roue à aubes.

Bagarre entre Agents et rôdeurs

Bagarre entre Agents et rôdeurs
Malgré les efforts d’une administration que l’Europe continue à nous envier, les attaques nocturne se multiplient dans d’inquiétantes proportions.
Nous avons des agents nombreux, d’un courage, d’une fidélité, d’un dévouement à toute épreuve, peut-être ne les emploie-t-on point comme il le faudrait.
L’audace des malfaiteurs ne connaît plus de limites, on découvre souvent des cadavres, plus rarement des meurtriers, de véritables et sanglantes batailles s’engagent entre les criminels et les agents et tout récemment on apprenait avec stupeur qu’une ligne de tramways se refusait à circuler le soir faute de protection suffisante contre les malandrins.
Il y a quelques jours, vers une heure du matin, au coin des rues de la République et de la Charronnerie un homme, que l’on avait à moitié assommé pour le dévaliser, appelait à son secours.
Deux agents, accourus, se précipitèrent ; ils avaient atteint l’agresseur, lorsque vingt mauvais drôles s’élancèrent, les bourrant de coups, leur arrachant leurs médailles et leurs galons.
Les deux agents se défendirent avec une grande énergie et, tout en luttant, parvinrent à gagner un poste de police.
Deux de leurs camarades vinrent à leur aide et la bataille recommença plus ardente que jamais.
On ne sait trop comment elle aurait fini si un cocher qui passait n’avait offert sa voiture.
Les agents purent y jeter le nommé Léon Paulot, cause de toute cette bagarre, y monter eux-même et filer à grande vitesse vers le commissariat.
Ce ne fut pas sans avoir essuyé une grève de balles de revolver dont une seule heureusement pénétra sans blesser personne, par le petit carreau d’arrière de la voiture.