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39 ème  Année
Dimanche 08 Avril 1928
Numéro  1946
POUR RETARDER L'EXÉCUTION

Le condamné à mort Lasgi, au moment d'être livré au bourreau dans la prison de Rouen, dénonce un complice.
Le bandit Paul-Emile Lasgi avait été condamné à mort par la cour d'assises de la Seine-Inférieure pour avoir tué à coups de massette, à la ferme du Grand-Quiévremont, à Sévis, près de Dieppe, le cultivateur Faucon, âgé de soixante-quatorze ans, et son domestique Guerrand, âgé de soixante-sept ans.
L'assassin avait ensuite mis le feu à la ferme pour dissimuler son crime, qui avait eu le vol pour mobile.
Le pourvoi ayant été rejeté, la justice devait suivre son cours. Le jour de l'exécution arriva.
Lasgi, qui était à l'ordinaire renfermé et peu locace ne manifestera pas grande émotion quand on vint le réveiller. Il laissa sans mot dire procéder à sa dernière toilette. Puis on le conduisit au greffe.
Là, il absorba une tasse de café, puis comme on commençait de le ligoter, on lui demanda :
— Lasgi n'avez-vous rien à déclarer ?
— Si répondit-il, j'ai quelque chose à dire.
Et il fit cette curieuse révélation :
— Je n'était pas seul pour faire le coup. J'ai eu un complice, un charretier de la région de Neufchâtel, nommé Renaud. C'est lui qui a eu l'idée du crime et qui a tué le fermier Faucon. Moi je n'ai tué que le domestique Guerrand. C'est Renaud aussi qui a mis le feu à la ferme. Nous avons partagé le butin. Si je n'ai rien révélé aux assises, c'est parce que nous nous étions mutuellement promis Renaud et moi, de ne pas nous dénoncer si l'un de nous était pris.
Le procureur général qui recueillit ces déclarations estima que Lasgi nr les avait faites que dans l'espoir de faire surseoir à son exécution.
Il donna néanmoins des ordres pour qu'une enquête fût ouverte aux fins de vérifier les dires du criminel.
L'exécution de celui-ci, malgré le coup de théâtre, n'en a pas moins eu lieu.
De l'enquête poursuivie par la suite il résulte que le condamné à mort n'avait pas menti. Renaud a avoué avoir été son complice.

Un homme précautionneux

Un homme précautionneux
Décidé à mourir, mais craignant d'être mouillé, un réfugié russe, près de Nice, se pend en tenant un parapluie à la main.
Un réfugié russe. M. Michel Liberman, qui se faisait passer pour médecin et soignait ses clients avec des simples, avait résolu le problème de la crise du logement. Propriétaire d'une auto à conduite intérieur, il y passait ses nuits, y prenait ses repas, toujours composés de mets froids, et se garait au bord d'une route, au hasard de la promenade. Mais cette existence finit par lasser le faux médecin, qui, très fatigué, ainsi qu'il l'a expliqué dans une lettre adressé au commissaire de police, résolut de se donner la mort.
Pour se suicider, il arrêta sa demeure roulante près du parc d'un hôtel du boulevard Gambetta. Comme il pleuvait, il s'abrita sous un parapluie pour procéder à ses préparatifs funèbre. Il attacha une corde à une branche d'arbre, fit un nœud coulant et se pendit. Au petit jour, on trouva son cadavre qui se balançait au-dessus du parapluie resté ouvert.