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10 ème  Année
Dimanche 12 Mars 1899
Numéro  434
LE GÉNÉRAL ROGET ET M. DÉROULÈDE

Un incident des plus regrettables a suivi les obsèques du président Felix Faure.
L'autorisation de faire partie du cortège et de joindre aux autres sa couronne avait été refusée à la Ligue des Patriotes, et cela porta au comble l'exaltation de son président; M. Paul Déroulède.
C'est pourquoi à l'heure où la cérémonie achevée une partie des troupes commandée par le général Rpget rentrait à la caserne de Reuilly, suivi de Marcel Habert et d'un certain nombre de ligueurs, aux cris de : « Vive l'armée ! » M. Déroulède se précipita vers le général, saisit la bride de son cheval et prononça des paroles vibrantes tendant à décider la troupe à marcher sur Paris.
Très calme, le général indiqua la route opposée, celle de la caserne.
MM. Déroulède et Marcel Habert ne se laissèrent point décourager et suivirent les soldats jusque dans la cour du quartier ; ce fut alors qu'on les arrêta.
La faute commise est grave, M. Déroulède n'a rien fait pour l'atténuer ; il a déclaré, au contraire, son intention de provoquer un changement de régime, sinon de gouvernement.
Il a protesté de son ardent amour pour la République, mais son vœu serait de substituer au parlementarisme un plus large appel à la nation.
Il sera jugé et jusque-là, tout au plus, est-il permis de plaider les circonstances atténuantes.
Le patriotisme, l'honnêteté, la loyauté de M. Déroulède sont hautement reconnus ; mais il manque de sang-froid, témoin cette dernière algarade dont il ne faudrait pas, non plus, exagérer l'importance.
Elle a prouvé, en effet, la grande fidélité de l'armée à nos institutions et particulièrement celle du général Roget, précisément un de ceux à qui certaines personnes témoignaient le plus d'injustes méfiances.
Quand bien même l'incident de Reuilly n'aurait servi qu'à cette constatation, il faudrait presque s'en féliciter et par suite montrer de l'indulgence à M. Déroulède et à ses amis.

Mme Loubet mère
La maison natale du président de la République.
Comme nous l'avons dit, M. Loubet est né à Marsanne. Nous reproduisons le dessin de sa maison natale, une métairie située à quelques kilomètres de Montélimar , c'est là qu'il venait passer dans le calme les vacances que lui laissait la politique, c'est là que vit très simplement encore, parmi ses serviteurs, comme les patriarches antiques, sa mère très âgée maintenant.
L'élévation de son fils à la présidence ne paraît point lui avoir causé une très vive joie, bien au contraire.
Elle sent que désormais il appartient à la France et beaucoup moins à elle-même. Son âge et ses goûts ne la portent point à venir s'installer à l'Élysée et tristement elle se demande quand son fils pourra venir embrasser sa vieille mère.
N'ayant point l'orgueil qui lui donnerait la joie, elle est seulement absorbée par son amour maternel qui ne lui laisse que la peine.

Mme Félix Faure quittant l'Élysée

Très simplement, très dignement; quelques heures après le cercueil du mari qu'elle a tant aimé, Mme Félix Faure a quitté le palais où elle vit tant de fêtes magnifiques et où tant d'autres qu'elle devait voir se préparaient encore.
Elle habite maintenant à quelques pas de l'Élysée, dans un appartement qu'une famille amie s'est empressée de mettre à sa disposition.
Respectueusement on a salué son départ, et partout où elle ira, la vénération suivra celle qui marqua son passage par des bienfaits, celle dont la sollicitude toujours éveillé s'exerça constamment et sans fracas au profit de ceux qui souffrent.