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10 ème  Année
Dimanche 02 Avril 1899
Numéro  437
PÂQUES !

Le retour des cloches de France
C'est une jolie légende que celle des cloches, et qui date de très loin.
pendant les jours saints l'Eglise, en signe de deuil, impose silence aux cloches ; c'est le seul congé des sonneurs.
L'imagination populaire en fait cette fable que les cloches s'en allaient à Rome pour ne revenir qu'à Pâques ; en réalité elles sonnent de nouveau le samedi saint et leur claire voix dissipe une sorte de tristesse qui pèse principalement sur les campagnes où il semble manquer quelque chose lorsque, pendant ou après le travail, on n'entend pas chanter les babillardes.
Lourd, très lourd aussi est le chagrin de nos frères de là-bas, pour qui le son des cloches est la voix de la vraie patrie, voix chérie qui passe la frontière, sans qu'aucune force humaine puisse l'en empêcher.
Elles disent les cloches de France qui reviennent le jour de la résurrection : « Souvenez-vous, frères ! Nous n'oublions pas ! »

M. Combarieu
Directeur du cabinet du Président de la République
En entrant à l'Elysée, M. Loubet a gracieusement proposé à M. Le Gall de conserver les fonctions qu'il remplissait auprès de Félix Faure.
Mais M. Le Gall, tout à son deuil, aurait cru manquer de fidélité à la mémoire du regretté président ; il déclina donc l'offre flatteuse qui lui était faite.
C'est alors que le choix de M. Loubet s'arrêta sur M. Combarieu, préfet de la Meuse, dont l'affabilité en même temps que la compétence sont reconnues par tous ceux qui se sont trouvés en relations avec lui.
M. Combarieu est d'aspect très avenant et sa situation, vis-à-vis de l'administration, lui permet de porter l'habit brodé d'argent des préfets. Le prestige de la maison civile du président de la république n'y perdra point.

Victime du devoir
Un fou meurtrier

Quand se décidera-t-on à surveiller sérieusement les fous et à les mettre dans l'impossibilité de nuire avant qu'ils aient commis des meurtres.
Voici encore un pauvre brave homme, marié et père de deux enfants, qui tombe frappé par un aliéné, dans les circonstances suivantes :
A l'hôtel Sainte-Marie, rue de Rivoli, dans la soirée, un homme se présentait et délibérément demandait qu'on le conduisît à sa chambre.
Le garçon le prit pour un M. Cauchois qui avait déposé ses bagages dans la chambre n° 15.
Il s'aperçut de son erreur, à deux heures du matin, quand M. Cauchois rentra. Il alla frapper à la porte du 15, priant l'inconnu d'en sortir, l'assurant qu'il lui donnerait un autre logement aussi confortable.
Mais l'homme ne voulut rien entendre ; il poussait des cris accompagnés de coups de revolver.
Reconnaissant que l'on avait affaire à un fou, on alla chercher le secrétaire du service de permanence, M. Goyard, dont les adjurations n'eurent pas plus de succès.
Alors survint M. Euriat, commissaire de police, avec son garçon de bureau, Edouard Héloir, et quatre agents.
Il imposa silence à ses hommes, convaincu que le fou sortirait quand il croirait tout le monde parti.
C'est ce qui, en effet, arriva ; mais Capdeville, ainsi se nomme le triste héros de cette aventure, se montra armé de son revolver ; quand on voulut s'emparer de lui il opposa une résistance désespérée et fit feu deux fois.
Le premier coup brûla seulement la main de M. Euriat, mais la seconde balle atteignit en pleine poitrine le malheureux Héloir, qui fut transporté à l'Hôtel-Dieu dans un état très alarmant.
M. Blanc, préfet de police, l'est allé visiter et lui a remis une médaille d'honneur ; c'est fort bien, mais il serait mieux encore de prendre des mesures pour empêcher les fous d'augmenter la trop longue liste des victimes du devoir.