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10 ème  Année
Dimanche 03 Septembre 1899
Numéro  459
BAGARRES À PARIS

Un commissaire de police grièvement blessé
Une importante émeute a éclaté à Paris, dans des conditions qui pourront paraître bizarres à quelques-uns, à ceux notamment qui s'étonnent de voir remis sitôt en liberté le prétendu anarchiste Georges qui a tiré des coups de revolver sur la foule, alors qu'on garde en prison Déroulède et tant d'autres.
Mais nous n'avons pas à dégager la philosophie de ces incidents ; il s'agit seulement de las raconter.
Donc, M. Sébastien Faure avait depuis plusieurs jours, très ouvertement et sans que l'on tentât de lui imposer silence, provoqué à l'émeute les révolutionnaires. Il les avait conviés à se rencontrer à jour et heure fixes sur la place du Château-d'Eau. Les forces de police étaient nombreuses, mais par fatalité elles n'empêchèrent en rien des événements très graves.
M. Goulier, par exemple, commissaire de police du quartier Sainte-Marguerite, a été assailli, ayant avec lui deux agents seulement, par deux cents terrassiers ; il serait mort certainement sans l'héroïsme d'un jeune soldat que seconda une poignée de courageux citoyens.
M. Goulier venait de déjeuner chez lui, lorsqu'il rencontra, rue des Boulets, une bande qui portait un drapeau rouge ; bravement, il voulut s'emparer de l'emblème séditieux ; on le renversa d'un formidable coup de canne plombée ; on le piétina férocement et il allait mourir lorsque le jeune Huguet, caporal au 129e de ligne, s'élança sur lui au péril de ses jours et, avec l'aide du gardien Wolff, parvint à le mettre en sûreté.
Le commissaire et le brave caporal ont été récompensés ; quant à M. Sébastien Faure, jugeant apparemment son rôle fini, il se retirait sur une impériale de tramway, lorsqu'un officier de paix très zélé l'arrêta ; nous n'avons pas entendu dire que ce dernier ait été jusqu'ici récompensé ou félicité pour son importante capture.

Bagarres à Paris
Pillage de l'église Saint-Joseph

Pendant ce temps une autre bande, après avoir tenté de forcer la porte de deux couvents, se présentait devant l'église Saint-Joseph. Le bedeau essaya en hâte de fermer la grille, mais il ne put y parvenir complètement et la foule hurlante se précipita dans l'église.
Ce fut pendant vingt minutes un effroyable pillage. Bien entendu, des citoyens ordonnés visitèrent le tronc des pauvres et n'y laissèrent rien traîner ; on démolit les confessionnaux et le tabernacle ; puis on transporta au dehors les chaises brisées, les flambeaux, les livres saints auxquels on mit le feu.
Enfin, les agents arrivèrent et réprimèrent ces désordres, avec une certaine vigueur, m'a-t-on dit.