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4 ème  Année
Samedi 14 Octobre 1893
Numéro  151
LE GÉNÉRAL LE MOUTON DE BOISDEFFRE

Lorsque nous apprîmes il y a quelques jours la mort foudroyante, — mystérieuse, d'après quelques-uns, — du général Miribel, une véritable angoisse s'empara du pays.
C'est que l'on avait grande confiance en cet homme de guerre désigné par Gambetta et que de ridicules suspicions avaient trop longtemps tenu à l'écart.
On se rappelait que les grandes victoires de Napoléon 1er avaient dépendu de l'admirable organisation due au chef d'état-major général de ses armées, à Berthier ; on se souvenait aussi que c'était le terrible chef d'état-major de Moltke qui avait causé nos désastres.
Quand aurions-nous aussi un grand chef d'état-major général ?
On avait eu Miribel ; la confiance était née, immense, et voilà que Miribel était mort !
Fallait-il donc que disparussent frappés subitement, étrangement, tous ceux sur qui nous pouvions fonder notre espoir : Chanzy, Courbet, Miribel ?
Et par qui remplacerait-on le dernier parti ?
Le ministre de la guerre a vitement et heureusement choisi ; il a confié la succession du général de Miribel à son confident, à son collaborateur de tous les jours, à celui qui connaissait toutes ses idées, tous ses plans, pour l'avoir aidé à chaque heure, au général de Boisdeffre.
Le nouveau chef d'état-major général a fait la guerre avec Chanzy, qui l'attacha à lui après l'avoir vu arriver en ballon pendant la guerre, portant les instructions du gouvernement enfermé dans Paris. Il a étudié la mobilisation avec Miribel ; quelle meilleure éducation pouvait-on lui souhaiter ?
Il ne sera atteint par la limite d'âge que dans onze ans. C'est-à-dire qu'il a de longues années à consacrer au service de la patrie.
Quel meilleur choix pouvait-on faire ?
Donc nous n'oublierons point celui qui vient de mourir ; nous le pleurerons, mais sans désespoir, car si son corps est mort sa pensée est vivante ; elle habite le cerveau de son digne successeur, le général de Boisdeffre.

Le port de Toulon

Nous avons tenu à donner à nos lecteurs une vue de notre beau port de guerre de la Méditerranée, du port de Toulon.
C'est entre ses digues que va bientôt passer la flotte de nos amis, et ceux qui habitent les maisons que vous voyez étagées le long de la mer auront l'insigne privilège de saluer les premiers nos hôtes.
Toulon est célèbre déjà dans l'histoire : il vit se lever ce soleil qui devait éblouir le monde ; du siège de Toulon data véritablement la revanche de la France républicaine contre ses envahisseurs ; on s'était vaillament défendu auparavant, après Toulon on attaqua.
Qui sait si Toulon ne sera pas encore destiné à quelque grande aurore ?
Qui sait si Toulon ne sera pas une fois de plus la porte de l'avenir ?