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10 ème  Année
Dimanche 11 Juin 1899
Numéro  447
ARRIVÉE DU COMMANDANT MARCHAND À PARIS

A l'heure dite, le héros de Fashoda a posé le pied sur cette terre de France que ses exploits ont si puissamment honorée.
Il a été reçu avec toute la pompe officielle qu'il était équitable de déployer. Mais ce qui a dû toucher le plus son cœur, c'est l'enthousiasme universel de la population accourue pour l'acclamer.
On connaît les détails de cette extraordinaire expédition qu'il a dirigée au milieu de dangers incroyables.
Son épopée est une des belles pages de notre histoire contemporaine.
Elle a eu son heure d'affreuse tristesse, dans toutes les âmes patriotes sont tombées brûlantes les larmes que versa le héros lorsqu'il apprit que l'on avait rendu Faashoda, qu'il se croyait le droit d'offrir à son pays après l'avoir si laborieusement conquis.
Qu'il se console, ses efforts n'ont pas été complètement perdus ; il a rappelé au monde entier qu'il faut compter avec une nation qui produit des hommes comme lui.
Il faut d'ailleurs en ce moment oublier les douleurs pour se souvenir seulement de la joie de ce triomphale retour.

Le général Galliéni
La gloire moissonnée à pleins bras par nos soldats à l'extérieur arrive à propos pour nous consoler des tristesse de l'intérieur, la France vient de recevoir avec les honneurs qu'il ont mérités deux de ses plus illustres enfants.
L'héroïque Marchand ne doit point nous faire oublier le général Galliéni, qui rentre parmi nous après deux ans de la campagne la plus pénible et la plus féconde en heureux résultats à Madagascar.
Choisi pour remplacer M. Laroche, il mena avec la plus remarquable vigueur la répression des insoumis de la grande île.
Son attention fut toujours activement éveillée en cette terre classique des embûches et de la trahison.
En même temps qu'il imposait à ses hommes de rudes travaux, il s'occupait, avec une sollicitude paternelle, de leur bien-être, de leur hygiène et la terrible fièvre, leur plus cruel ennemi, dut reculer devant lui.
Administrateur habile, il organisait la conquête sur des bases solides ; un jour, sa statue s'élèvera à Madagascar et ce sera justice.
Diplomate des plus avisés, il a su déjouer les intrigues de ceux qui voulaient récolter le fruit de nos peines.
C'est donc à bon droit que la France l'honore aujourd'hui.
Ses états de service sont splendides ; en Sénégambie contre Ahmadou, au Soudan contre Samory, au Tonkin contre les pirates il a fait preuve d'une hardiesse et d'une intrépidité inouïes.
Le général Galliéni est l'un des meilleurs soldats de la patrie.

A la Cour d'assises
M. Paul Déroulède et M. Marcel Habert
Celui qui aime tant son pays qu'il n'a jamais hésité à lui sacrifier sa fortune, son repos, ni son sang, l'ardent poète des Chants du soldat, a été traduit devant la cour d'assise avec son ami Marcel Habert pour avoir, emporté par sa généreuse ardeur; crié tout haut ce que tant d'autres disent tout bas.
On sait comment tous, même ceux de ses ennemis dont l'âme n'est point fermée à tout sentiment un peu noble, ont apprécié le motif qui l'inspira.
On sait aussi comment les jurés de la Seine se sont prononcés.
Nous n'y reviendrons pas, mais on ne peut admirer assez l'attitude si fière qu'il a gardée pendant les débats, forçant l'admiration et jusqu'à la sympathie de ceux qui venaient déposer contre lui, leur imposant le respect de son caractère si élevé.
Les paroles qu'il a prononcées sont des plus hautes qui se soient entendues depuis de longues années, et vraiment qui se fût trouvé là sans être averti, n'aurait jamais cru que c'était lui qui était l'accusé.
Déroulède se trouve donc à sa place en ce numéro du Supplément illustré auprès de ces vrais Français qui se nomment le commandant Marchand et le général Galliéni.

Arrivée du commandant Marchand à Toulon