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10 ème  Année
Dimanche 18 Juin 1899
Numéro  448
LES INCIDENTS D'AUTEUIL - AGRESSION CONTRE LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

Suivant la tradition, le président de la République s'était rendu à Auteuil pour assister au Grand Steeple-Chasse international.
A son entrée au pesage, il fut accueilli par des sifflets, des cris : « Vive l'armée ! Vive Déroulède ! A bas Loubet ! panama ! Démission ! » sifflets et cris que ne purent couvrir ceux de « Vive Loubet ! » poussés par une autre partie du public.
Les arrestations commencèrent, ont prit même ceux qui criaient : « Vive l'armée ! » sous le prétexte que leur intervation était injurieuse pour M. Moubet.
On se bourrait entre agents et manifestants, sans grand dommage d'un côté ni de l'autre, lorsque se produisit un incident tout à fait incroyable.
un gentleman jusqu'ici connu pour sa correction, son calme même, gravit rapidement les marches de la tribune d'honneur et se précipita la canne levée sur le président ; fort heureusement le chapeau seul su président ; fort heureusement le chapeau seul du président fut atteint légèrement. quant au baron de Christiani, l'auteur de l'agression, il fut saisi, renversé violemment et n'arriva au poste que fort endommagé.
pendant ce temps, on se battait au pesage ; MM. Grillières et Tony, officier de paix et commissaire de police, étaient assez grièvement blessés et d'autre part on menait sans douceur au poste une bonne centaine de clubmen. On les conservait même en dépit des plus touchantes réclamations.
On ne saurait trop regretter une semblable manifestation, non certes comme l'ont fait quelques-uns, à cause des étrangers, il y a longtemps, hélas ! que nous n'avons plus rien à leur apprendre, mais à cause de nous-mêmes. Ceux qui ont manifesté si bruyamment contre M. Loubet ont manqué leur but, car ils lui ont plutôt attiré les sympathies de gens demeurés indifférents jusque-là ; quant aux autres, ils voudraient bien qu'enfin on leur... laissât la paix.

Terrible accident de tramway à Besançon

Les chevaux en s'emballant ont fait bien des victimes ; on espérait être quitte d'appréhensions avec les voitures à traction automatique et voici qu'il faut en rabattre.
C'était il y a quelque jours à Montmartre, une automobile dont les frein refusait d'obéir et qui dégringolait follement, comme si elle eût été traînée par un cheval emporté.
Un tramway électrique a déraillé sur le pont de Canot et, brisant le garde-fou, s'est allé précipiter dans le Doubs.
Le conducteur, le contrôleur et une jeune fille de vingt-trois ans ont été tués sur le coup ; trois voyageurs ont été blessés.
cet accident est très déplorable, mais il ne faudrait point pousser les choses trop loin, ni faire comme Rossini qui ne voulut jamais monter en chemin de fer et toute sa vie voyagea en chaise de poste.
En somme le terrible accident du chemin de fer de Versailles où périt Dumont d'Urville n'a point empêché que les locomotives sillonnent le monde entier.
On aura des freins moins susceptibles de se déranger ; on inventera des obstacles aux déraillements et nous irons vite et sans danger en dépit du célèbre dicton italien « Che va piano va sano, che va sano va lontano. » (Qui va doucement va sans danger et va longtemps).