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10 ème  Année
Dimanche 02 Juillet 1899
Numéro  450
A THOISSEY - LE COMMANDANT MARCHAND ET SON PÈRE

Le commandant Marchand, après tant de glorieuses fêtes, a pu enfin embrasser son père et ce fut, certes, pour son cœur, la plus belle des journées qu'il a vue depuis son retour.
Il y a bien longtemps qu'il serait à Thoissey, mais ses concitoyens l'avaient prié d'attendre, voulant lui faire une réception digne d'eux et de lui. Pour ne pas les contrarier, il a donc retardé le moment de serrer dans ses bras le bon vieillard à qui il doit d'être le grand citoyen et le héros que l'on sait.
Comme à Rome, autrefois, la municipalité avait été attendre sur la route le glorieux enfant de Thoissey.
C'est à deux cents mètres de la ville que le maire, M. Ducher, lui souhaita la bienvenue en termes éloquents et émus.
Tandis que le commandant Marchand remerciait, il aperçut, se dissimulant dans un groupe, son père, que ses yeux cherchaient. Alors, s'interrompant, il s'élança vers lui et longuement l'embrassa aux acclamations de tous. Après quoi il lui présenta ceux de ses compagnons qui l'accompagnaient et que M. Marchand père embrassa également.
Puis le cortège se mit en route très difficilement, malgré les efforts des gendarmes, car tout le monde, les camarades d'autrefois, les vieillards qui avient connu Marchand dans son enfance, se précipitaient au-devant de lui pour lui serrer le mains.
Et lui, les yeux humides, jouissait profondément de cette fâte véritablement familiale.
Il a passé près de son père et de ses amis de bonnes heures, qui l'ont reposé de ses dures fatigues, consolé de ses patriotiques angoisses.

Le drame des fêtes de Paris
La Société des fêtes de Paris, dont le but est de secourir les pauvres et surtout de faire dépenser de l'argent au grand profit du commerce et de l'industrie, avait organisé une semaine entière de fêtes variées qui toutes réussirent et furent favorisées par un beau temps exceptionnel.
La pluie, en effet, n'a commencée à tomber que le dernier soir, alors que tout était fini.
Les résultats financiers auraient pu être plus importants. On comptait beaucoup sur les étrangers si nombreux à Paris au moment du Grand-Prix ; on voulait les retenir huit jours de plus, ce dont aurait très largement bénéficié le commerce de la capitale.
Mais les formidables précautions militaires prises par le gouvernement, cette sorte d'état de siège avaient effarouché le étrangers qui restèrent en masse chez eux.

Le drame des fêtes de Paris

On me dit que Londres est bondé en ce moment comme il ne l'a jamais été ; il s'y dépense des sommes considérables qui seraient tombées dans nos poches sans la coupable sottise de quelques-uns.
Mais revenons aux fêtes de Paris : elles se terminèrent par la promenade pendant deux jours, dans la ville, d'une cavalcade magnifique.
C'était le cortège des anciennes corporations au moyen-âge avec, sur un cheval richement caparaçonné, Etienne Marcel, le prévôt des marchands, entouré de ses échevins, des massiers de la Ville et des gardes de la prévôté.
Ce défilé n'a pas coûté moins de cent cinquante mille francs ; les costumes étaient tout neufs et d'un goût artistique qui fut universellement admiré.
La foule se pressait nombreuse et ravie du beau spectacle qu'on lui offrait gratis ; nul incident fâcheux ne s'était produit, lorsque à la fin du dernier jour, sur le quai de la Rapée, on entendit des coups de feu, et l'on vit tomber, baignée de sang, une figurante du groupe des femmes de pêcheurs.
Un ouvrier tourneur sur métaux, âgé de trente-deux ans, et nommé Charles Péaul, venait de tirer sur cette malheureuse une balle qui l'atteignit à l'épaule ; après quoi, tournant son arme contre soi-même, il s'était grièvement blessé.
Interrogé par le commissaire de police, il déclara que, très amoureux de Clémentine Lefèvre, femme d'un figurant de la cavalcade, nommé Blanchot, il avait vainement tenté de la décider à quitter son mari pour vivre avec lui.
Exaspéré par son refus, il avait juré de se venger et il avait mis ses menaces à exécution.
Par bonheur, la blessure de sa victime est peu dangereuse et quelques jours de repos suffiront à sa guérison.