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10 ème  Année
Dimanche 09 Juillet 1899
Numéro  451
L'AFFAIRE DREYFUS - LA PRISON MILITAIRE DE RENNES

Victor Hugo, qui connaissait bien l'humanité, a dit, dans les Misérables, que c'était quelque chose qu'un mur derrière lequel il se passait quelque chose.
C'est évidemment ce que pensent les habitants de Rennes et aussi les étrangers à la ville que l'affaire y a attirés, car on a beaucoup de peine à faire circuler la foule qui se presse devant la prison et qui, cependant, ne voit absolument rien.
Le Petit Journal a donné la description de la chambre de dreyfus, qui a 5 mètres sur 4 mètres 50.
Elle prend jour, par une fenêtre grillée garnie de rideaux blancs, sur la cour où est établi le poste de garde permanent. Cette fenêtre a vue sur la rue et sur les maisons voisines, ainsi que sur le jardin planté de grand arbres réservé aux officiers prévenus. La porte est située au fond de la pièce.
La chambre a reçu une fourniture d'officier, deux matelas et des meubles d'adjudant, un fauteuil, deux chaises au siège en paille et une table recouverte d'un tapis. Le lit est garni de rideaux jaunes.
Un factionnaire monte la garde sur le terre-plein séparant le quartier des officiers du quartier des soldats. Comme tout le monde ne peut pas aller à Rennes, nous reproduisons ici la fameuse prison militaire.

M. Waldeck-Rousseau
Président du Conseil des ministres
Le nouveau président du conseil s'y est repris à deux fois avant de former son ministère. Il y avait renoncé, mais comme il est, paraît-il, l'homme indispensable en ce moment, M. Loubet a insisté et il s'est laissé vaincre.
Le cabinet qu'il dirige est formé des éléments les plus variés M. de Lanessan s'assied auprès de M. Delcassé qui l'a autrefois révoqué, et M. de Gallifet y coudoie M. Millerand, qu'il eût très vraisemblablement fait fusiller il y a quelques années.
M. Waldeck-Rousseau pense ainsi avoir contenté tout le monde. Dès le premier jour, il a pu voir qu'il fallait rabattre de cette prétention car la haine est plus vigilante que l'amitié et il est beaucoup plus certain de trouver toujours ses ennemis que ses amis.
L'avenir est pourtant au nouveau ministères, la Chambre se séparant pour se reposer de son prodigieux labeur.

Les marins Français à Xérés

Nos braves marins viennent de trouver en Espagne l'accueil chaleureusement sympathique qu'ils rencontrent partout.
A Xérès, les autorités militaires et civiles les attendaient avec une foule immense qui leur a fait cortège jusqu'à l'Hotel de Ville où l'alcade leur a souhaité la bienvenue.
Un magnifique banquet leur a été donné aux bodégas du marquis de Misa, après quoi ils ont été conviés à une course de taureaux spécialement organisée pour eux.
L'arène était pavoisée aux couleurs espagnoles et françaises.
Au milieu de l'enthousiasme général, la musique a joué la Marseillaise et les toréadors, en des brandis cordiaux, ont dédié à nos marins les taureaux mis à mort.