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10 ème  Année
Dimanche 22 Octobre 1899
Numéro  466
LES FACTEURS EN AUTOMOBILES - LES ÉVÉNEMENTS DU TRANSVAAL

Il faut rendre à M. Mougeot, sous-secrétaire d'Etat aux postes et télégraphes, qu'il se donne beaucoup de mal pour améliorer les services qu'il dirige.
On me dirait qu'à une époque éloignée nous obtiendrons moitié aussi facilement que les peuples les plus arriérés de l'Europe les communications téléphoniques que, malgré l'invraisemblance, je finirais par le croire.
Le nom de M. Mougeot demeurera, grâce à son invention des boîtes aux lettres particulières déjà baptisées des « mougeottes ».
Sa dernière innovation n'est pas moins heureuse. Profitant des progrès de la science, il organise en ce moment un service de postiers allant en automobile ou à bicyclette.
L'expérience a été faite. M. Mougeot y a pris part et s'en est montré justement satisfait.
Le service s'est fait sans encombrement et dans des conditions de rapidité telles que, sur certains points, on a gagné près de la moitié du temps employé précédemment.
L'avantage pour le public consiste en ce qu'il peut déposer ses lettes dans la boîte un quart d'heure ou vingt minutes plus tard qu'auparavant et c'est un avantage très important pour ceux qui sont dans les affaires.

Les événements du Transvaal
Carte de l'Afrique australe
Fidèle à notre coutume, nous mettons à la disposition de nos lecteurs une carte très claire, spécialement dressée pour nous, de l'Afrique du Sud.
Nos lecteurs y suivront aisément les événements qui pourront se produire et qui les intéressent assurément, nul ne pouvant rester indifférent en présence de l'énergie de ce brave petit peuple du Transvaal qui affronte avec une belle intrépidité, pour son indépendance, une lutte aussi formidablement inégale contre la nation la plus férocement égoïste du monde entier.

Corrida tragique aux environs de Paris

Le Midi monte, malheureusement ce n'est point avec ce qu'il a de plus estimable.
la course de taureaux s'installe ou plutôt a tenté de s'installer aux portes mêmes de Paris.
la tentative n'a point été heureuse, et l'on peut espérer que d'ici quelques temps elle ne se renouvellera pas.
Donc, aux environs de Paris, à Deuil, près d'Enghien, on avait, avec une précipitation non dépourvue de négligence, établi vaille que vaille une arène.
Déjà, la pluie avait empêché la première réunion ; mais un soleil éclatant favorisait la seconde, et sur les gradins de bois s'amoncelait une foule de gens dont plusieurs regrettèrent bientôt leur curiosité.
Ce ne fut pas long, en effet. le premier taureau, sujet noir haut monté sue jambes et d'une bravoure contestable; fit une entrée assez modeste. On l'excita à attaquer le picadore, mais ce dernier l'ayant discourtoisement piqué de sa lance, le bon taureau ne voulut décidément plus rien savoir et ne songea désormais qu'à quitter une compagnie où on l'accueillait si mal.
Justement il avait, comme je l'ai dit, les jambes longues, et le couloir circulaire était étroit, garni de barrières insuffisamment élevées.
Il fit un bond formidable et... se trouva au milieu des spectateurs.
On peut juger de la panique : vingt personnes furent blessées, quelques-unes assez sérieusement, et l'on ne peut prévoir ce qui serait arrivé sans la présence d'un des organisateurs qui, en déchirant une toile, ouvrit à la bête un passage sur la campagne.
Comme il rêvait surtout d'évasion, le taureau se précipita au dehors ; une mort sans gloire l'y attendait dans un champ planté de légumes. Des gendarmes, des gens de toutes sortes, qui l'avaient suivi, le mirent à mort sans que l'on sonnât la moindre fanfare.
Quant aux courses, on comprend qu'elles en finirent là.