La Conquête de l'Air du Petit Journal

La Conquête de l'Air

Prochaine parution, « Les feuilles volantes de la conquête de l'air » à travers le Petit journal.
Une publication des Editions Limitées, tirage limité, numérotés, commercialisation en avril 2016.


La Conquête de l'Air : 42 Numéros



Conquête de l'air du Petit Journal

17 ème  Année
Dimanche 03 Juin 1906
Numéro  811
LA FÊTE DES SAPEURS-POMPIERS DE SEINE-ET-OISE, A RAMBOUILLET

L'ascension du ballon 1 « Petit Journal »
La fête organisée dimanche dernier à Rambouillet, à l'occasion de l'Assemblée générale de l'Union des sapeurs-pompiers de Seine-et-Oise, a été de tous points réussie. Elle constitue un superbe prélude aux grandes manifestations que le Petit Journal organise, pour le 1er et le 2 Juillet prochain, en l'honneur des pompiers de France.
Après la réception à la mairie, la revue et le défilé des compagnies et des sociétés musicales, l'Assemblée générale s'est tenue sous la présidence de M. Maurice Berceaux, député, ancien ministre de la Guerre.
Puis, sur la place du Palais-de-Justice, a eu lieu l'ascension du ballon le Petit Journal, aux acclamations enthousiastes d'une foule de sapeurs-pompiers qui témoignaient ainsi à notre grand organe populaire leur sympathie et leur gratitude pour l'initiative qu'il a prise à leur profit.
Tous ces hommes qui se sont dévoués au salut de leurs semblables et à la sauvegarde du lien d'autrui, tous ces modestes héros savent avec quel désintéressement, avec quelle activité, avec quel dévouement, le Petit Journal poursuit le but qu'il s'est fixé pour la création prochaine d'une caisse de secours immédiat en faveur des veuves et des orphelins des pompiers morts au feu.
Aussi ont-ils compris que le meilleur moyen de lui témoigner leur gratitude, c'était encore de l'aider de tout leur pouvoir dans la tâche qu'il a entreprise.
Et c'est avec un entrain merveilleux que, dimanche dernier, à Rambouillet, ils ont pris et fait prendre autour d'eux des billets de la loterie dont le Petit Journal a obtenu l'autorisation des pouvoirs publics.
L'exemple donné par les pompiers de Seine-et-Oise ne manquera pas d'être suivi par tous leurs camarades des autres régions françaises ; et les sapeurs-pompier de France pourront être justement fiers d'avoir concouru, dans la plus large mesure, à faire aboutir cette œuvre de prévoyance et de solidarité.
Nous ne saurions passer sous silence la bonne grâce et la belle humeur avec laquelle la population rambolitaine s'est associée aux réjouissances organisées en l'honneur des sapeurs-pompiers de Seine-et-Oise.
La ville était pavoisée. Et M. Roux, le sympathique maire de la ville, a fait à ses invités le plus chaleureux accueil.
C'est que Rambouillet est une ville riante et accueillante entre toutes. Située au cœur d'une admirable forêt, au bord d'un parc délicieux — délicieux surtout en juillet, alors que les tilleuls sont fleuris — Rambouillet peut être le théâtre des plus agréables réjouissances estivales.
M. Roux, d'ailleurs, n'avait-il pas eu récemment l'idée originale d'y organiser une « fête du Muguet » qui eut le plus joli succès ?
Parisiens, parfois trop casaniers, allez plus souvent visiter la jolie cité de Seine-et-Oise. De là vous ferez les plus charmantes excursions : les Yvelines, les étangs de Hollande et de Saint-Léger ; Clairefontaine et La Celle-les-Bordes, Les Vaux-de-Cernay, La Boissière, puis Epernon Maintenon et son merveilleux château et les jolies promenades au bord de l'Eure ; enfin Montfort-l'Amaury, la vieille cité où dimanche dernier les fervents de la traditionnelle Armorique célébraient solennellement la Pardon d'Anne de Bretagne.
Allez à Rambouillet, Parisiens, mes frères, vous ne vous en repentirez pas.

Dernier retour

Tableau de M. Hippolyte Berteaux
(Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts)
L'œuvre, d'une simplicité si poignet, dont nous donnons la reproduction, compte parmi les plus unanimement admirées de l'exposition de cette année.
M. Hippolyte Berteaux, son auteur, est un des peintres dont s'honore justement l'art français. Nombre de musées de France possèdent des témoignages de son talent. L'hôtel de ville de Paris a de lui un superbe panneau décoratif, Paris en fête et il est l'auteur de compositions très remarquées destinées au musée de Nantes : la Bretagne mystique.
La Bretagne, avec ses mœurs particulières, sa fidélité touchante aux traditions du passé, a séduit l'artiste.
Et c'est une de ces cérémonies traditionnelles qui a inspiré à son pinceau le beau tableau que nous reproduisons.
Dernier retour, retour suprême vers la terre natale du pêcheur mort en mer... Les parents, les amis, les habitants du village — des femmes surtout, car les hommes sont là-bas, en mer, au labeur périlleux — sont venus vêtus d'habits de deuil, chercher le corps sur la grève. Le cercueil, enveloppé d'un drap, est placé sur un modeste char à bœufs.
C'est ainsi qu'il sera rapporté au village, qu'il accomplira son « dernier retour » au foyer familial.
Cérémonie poignante et douloureuse qui se renouvelle trop souvent en ce pats où, comme l'a dit le poète :
...Il faut que les femmes pleurent
Et que les hommes curieux
Tentent les horizons qui leurrent