La Conquête de l'Air du Petit Journal

La Conquête de l'Air

Prochaine parution, « Les feuilles volantes de la conquête de l'air » à travers le Petit journal.
Une publication des Editions Limitées, tirage limité, numérotés, commercialisation en avril 2016.


La Conquête de l'Air : 42 Numéros



Conquête de l'air du Petit Journal

17 ème  Année
Dimanche 17 Juin 1906
Numéro  813
A MADRID - LL. MM. LE ROI ET LA REINE D' ESPAGNE

En dépit de l'abominable attentat anarchiste qui a semé la terreur et le deuil sur Madrid, le jour du mariage du roi, les cérémonies prévues par le protocole espagnol ont suivi leur cours. Seul, le bal officiel qui devait avoir lieu au palais a été remplacé par une réception.
Les jeunes souverains ont voulu que rien ne fût changé au programme. Ils ont assisté à la revue militaire, témoignant ainsi d'une énergie, d'une force d'âme, d'une conscience de leurs devoirs que le peuple madrilène et les envoyés étrangers ont vivement admirées.
Les missions extraordinaires ont pris congé du roi et de la reine après que se fut accompli le dernier acte des fêtes officielles, la retraite militaire aux flambeaux qui a parcouru toute la ville.
Dans la salle du trône du palais royal de Madrid, le roi et la reine ont reçu les princes et les envoyés des nations étrangères.
Les princes royaux de Grèce, de Portugal, de Belgique, de Suède, le grand-duc Vladimir Alexandrovitch de Russie, le prince de Galles, le prince Albrecht de Prusse, le prince héritier de Monaco, le prince Louis-Ferdinand de Bavière ont précédé les missions civiles et militaires des divers pays. Tour à tour ont défilé les envoyés extraordinaires du Saint-Siège, de la France, des Etat-Unis, de l'Allemagne, de la Turquie, de la Hollande, du Danemark, de la Roumanie, du Maroc, de la Perse, de la Chine, du Japon et de toutes les républiques sud-américaines.
Le roi et la reine ont fait un accueil particulièrement cordial aux envoyés français : le général Dalstein, ambassadeur extraordinaire, chef de la mission ; M. Paléologne, ministre plénipotentiaire ; le lieutenant-colonel Edener, chef de la maison militaire du Président de la république, et le capitaine Chodron de Courcel, officier d'ordonnance du général Dalstein.

Un drame dans les airs. Trois aéronautes précipités dans la mer

Encore une page douloureuse à ajouter à l'histoire des ascensions tragiques.
Au cours d'une fête, à Milan, deux ballons, le Fidès et la Reine-Hélène, étaient partis pour un parcours de longue durée, avec l'intention d'accomplir la traversées des Alpes.
Le Fidès, quoique le vent l'eût poussé dans une direction tout à fait contraire, descendit heureusement près de Lucques, en Toscane. La Reine-Hélène, au contraire, ont ne sait pour quelle cause, fut violemment poussée vers l'Est.
Ce ballon, monté par le capitaine Nazzari, M. Louis Minoletti et M. Usuelli, fut vu à un moment donné sur les bords de la mer Adriatique, près d'Ancône.
Le lendemain matin, les sémaphores annonçaient que, près des rochers du mont Cardite, un ballon, monté par trois personnes, était en grave danger.
Un torpilleur et plusieurs bateaux à voiles sortirent du port pour aller porter secours des naufragés, mais ils ne purent sauver que M. Usuelli. Celui-ci a raconté que, vers midi et demi, la nacelle du ballon s'était renversées, et que ses compagnons et lui étaient tombés à la mer, à mi-rivage du Filero. MM. Nazzari et Minoletti, après avoir lutté contre les vagues, se sont noyés.
M. Nazzari était âgé de trente-quatre ans, M. Minoletti de vingt-cinq.