La Conquête de l'Air du Petit Journal

La Conquête de l'Air

Prochaine parution, « Les feuilles volantes de la conquête de l'air » à travers le Petit journal.
Une publication des Editions Limitées, tirage limité, numérotés, commercialisation en avril 2016.


La Conquête de l'Air : 42 Numéros



Conquête de l'air du Petit Journal

19 ème  Année
Dimanche 30 Août 1908
Numéro  928
L'AÉROPLANE DE WILBUR WRIGHT EN PLEIN VOL

Depuis quelques années, à maintes reprises, la presse avait parlé de mystérieux essais d'aviation tentés par les frères Wright en Amérique. Mais, comme ces essais n'avaient eu que de très rares témoins, on en accueillait la nouvelle avec quelque scepticisme, et le mot de « bluff » avait même été prononcé.
Les expériences que Wilbur Wright fait en ce moment en France ont répondu victorieusement à cette accusation.
Sur l'hippodrome des Hunaudières, près du Mans, il a accompli des vols tout à fait remarquables, dont certains ont duré jusqu'à six et huit minutes.
Mais l'espace étant un peu étroit pour les évolutions de l'aéroplane, c'est au camp d'Auvours que Wright continuent série de ses expériences.
Il faut applaudir aux résultats obtenus par l'aviateur américain. Mais cela ne doit pas nous faire oublier que nous avons aussi, parmi nos compatriotes, plusieurs vaillants pionniers de la science nouvelle, dont les efforts et les succès n'ont pas moins de droits à notre admiration.

Brimades entre détenus à la prison de Cherbourg

Le supplice du toréador
On a découvert récemment que des scènes de scandaleuses sauvagerie se passaient à la prison maritime de Cherbourg.
Rentrant à bord du Valmy, après une punition disciplinaire, le marin Brisset dut passer la visite sanitaire et l'on constata qu'il avait la poitrine et l'abdomen horriblement brûlés. Il fit le récit suivant :
A son arrivée à la prison, Brisset dut comparaître devant un « tribunal » composé de six détenus, figurant le président, le commissaire du gouvernement, le capitaine de gendarmerie et deux gendarmes, qui le condamna au « supplice du toréador ». Alors il fut déshabillé et ligoté. Le détenu qui jouait le rôle du capitaine de gendarmerie alluma une torche de papier et l'approcha de la poitrine du malheureux.
Par crainte des représailles, Brisset ne dénonça pas les coupables et supporta sans se plaindre, pendant un mois de détention, des souffrances horribles. L'enquête démontra que tous les prisonniers arrivants étaient soumis à cette même parodie de justice. Les uns étaient condamnés à laver le linge de leurs juges ; d'autres étaient passés « à la couverture » ; d'autres encore devaient exécuter un cake-walk qui se terminait par des voies de fait.
Il est inouï que pareils faits puissent se passer dans une prison. Et l'opinion publique, très justement élue, réclame un peu plus de surveillance et de sévérité.