La Conquête de l'Air du Petit Journal

La Conquête de l'Air

Prochaine parution, « Les feuilles volantes de la conquête de l'air » à travers le Petit journal.
Une publication des Editions Limitées, tirage limité, numérotés, commercialisation en avril 2016.


La Conquête de l'Air : 42 Numéros



Conquête de l'air du Petit Journal

20 ème  Année
Dimanche 04 Avril 1909
Numéro  959
ATTAQUÉ PAR UN TIGRE

L'administrateur Gaston Gaillard, qui fut un des compagnons d'exploration de M. de Brazza, au Congo, vient d'être victime d'un terrible accident, près de Sontay, où il est administrateur adjoint au résident. Les habitant du village de Phu-Tho étant inquiétés par un tigre qui s'était réfugié dans un massif de bambous et, de là, faisait des incursions dans le pays, allèrent trouver M. Gaillard qui partit avec eux et une escorte indigène à la recherche de la bête fauve.
Arrivés près de la tanière du tigre, M. Gaillard et son escorte se concertaient pour prendre des dispositions, quand le fauve, bondissant tout à coup, se jeta sur l'administrateur et le terrassa ; d'un violent coup de griffe, le tigre labourait le bras de M. Gaillard, tandis que de ses crocs il lui traversait l'épaule. Les indigènes, terrorisés, s'étaient enfuis.
Avec un courage étonnant, M. Gaillard, de sa main disponible et déjà blessée, saisit son revolver d'ordonnance et foudroya le fauve.

Comment un Aéronaute punit des paysans allemands de leur cupidité

Ceci est une jolie histoire humoristique et morale à la fois.
Dans la campagne, aux environ de Hambourg un ballon, monté par deux aéronautes était sur le point d'atterrir. Des villageois, occupés aux travaux des champs, l'ayant aperçu, se précipitèrent et saisirent le guiderope qui déjà touchait terre.
Et voici le dialogue qui s'engagea :
Les aéronautes. — Merci, bonnes gens ! Tirez ferme !
Les bonnes gens. — De l'argent ! Jetez-nous de l'argent !
L'aéronaute le plus naïf. — Hein ? Ce n'est pas possible ? (A son collègue) Vous avez entendu ?
Les bonnes gens, commençant de secouer l'aérostat. — De l'argent ! Videz vos poches, ou nous vous tirons et nous vous rossons !
L'aéronaute le moins naïf. — Attendez un peu, tas de canailles ! (A son collègue) Passez-moi le couteau.
Et ofutt !... d'un vigoureux coup de lame, l'aéronaute trancha la corde. Le ballon délesté fit un bon dans l'azur, tandis que les russes, bousculés, secoués, jetés à terre les uns contre les autres, faisaient la plus piteuse mine du monde.
Furent-ils pas justement punis de leur cupidité ?