La Conquête de l'Air du Petit Journal

La Conquête de l'Air

Prochaine parution, « Les feuilles volantes de la conquête de l'air » à travers le Petit journal.
Une publication des Editions Limitées, tirage limité, numérotés, commercialisation en avril 2016.


La Conquête de l'Air : 42 Numéros



Conquête de l'air du Petit Journal

20 ème  Année
Dimanche 23 Mai 1909
Numéro  966
UN ÉMULE DE ROBINSON CRUSOÉ SUR UN ROCHER FRANÇAIS

C'est une singulière aventure que celle de cet homme qui demeura plus de trois jours sans secours, perdu sur un rocher, à quelques kilomètres des côtes de France. Reproduisons le récit qu'il a fait lui-même de ce qui lui advint.
« — Je suis, a-t-il raconté, coché dans un château à Dinard.
» Dimanche, dans l'après-midi, je m'embarquai à bord d'un petit bateau à voiles, le Mimosa, avec l'intention de me rendre à Paramé.
» Tout à coup le vent changea de direction et, malgré tous mes efforts, entraîna ma frêle embarcation vers le large.
» J'essayai en vain de regagner Dinard. Devant l'inutilité de mes efforts et étant épuisé, je laissai le bateau aller à la dérive. À la tombée de la nuit, j'était près des Minquiers, ma barque menaçant à chaque instant de se briser contre les récifs.
» Après bien des efforts et ayant de l'eau jusqu'à la ceinture, je parvins à escalader les rochers.
» Lundi matin, deux vapeurs passèrent au large, mais personne n'aperçut mes signaux.
» Pour apaiser ma faim, je mangeai quelques coquillages et des algues marines.
» Dans la nuit de lundi à mardi, entendant un sifflet, j'enlevai une partie de mes vêtements et y mis le feu avec des allumettes qui se trouvaient dans la poche de mon gilet et qui, heureusement, n'avaient pas été mouillées? C'était dans le bus d'attirer, par la flamme, l'attention.
» Plus tard, à mon grand désespoir, je constatai que ce sifflet provenait d'une bouée.
» Mardi, je souffris atrocement de la soif. Mes lèvres enflèrent et je ressentis de violentes douleurs dans l'estomac.
» Afin de me réchauffer et d'attirer l'attention je brûlai encore une partie de mes vêtements dans la nuit de mardi à mercredi.
» Ce n'est que mercredi soir, vers sept heures, que mes signaux de détresse furent aperçus par des pêcheurs qui s'empressèrent de me porter secours. »

Un ballon au milieu d'une noce

Encore une aventure singulière, mais joyeuse, celle-ci. Le ballon Le France, monté par deux membres de l'Aéro-Club, a atterri, ces jours derniers, à la Racineuse, près de Louhans, au beau milieu d'une noce campagnarde.
Les aéronautes furent accueillis de la plus gracieuse façon. Les mariés et leurs familles se montrèrent charmants pour ces invités qui leur tombaient du ciel. On les pria de prendre part au festin, et ce n'est qu'après avoir festoyé et bu au bonheur des nouveaux époux, que les aéronautes purent repartir pour Paris.