La Conquête de l'Air du Petit Journal

La Conquête de l'Air

Prochaine parution, « Les feuilles volantes de la conquête de l'air » à travers le Petit journal.
Une publication des Editions Limitées, tirage limité, numérotés, commercialisation en avril 2016.


La Conquête de l'Air : 42 Numéros



Conquête de l'air du Petit Journal

20 ème  Année
Dimanche 26 Septembre 1909
Numéro  984
AU COUR D'UN INCENDIE LE SOLDAT CHARLES SCHUMACKER ARRACHE DEUX ENFANTS À LA MORT

L'atelier d'ébénisterie de M. Crachmann, passage Saint-Bernard, était en flammes.
C'était la nuit. Tout reposait dans la populeuse cité, et le feu avait gagné le premier étage de l'immeuble où dormait paisiblement le famille de M. Crachmann.
Un soldat, M. Charles Schumacker, du 118e régiment d'infanterie, actuellement en congé de convalescence à Paris, s'apprêtait, à ce moment, à regagner le domicile de ses parents, dans l'immeuble même où l'incendie venait de se déclarer.
En un clin d'œil, le militaire donna l'alarme en jetant une pierre dans la fenêtre de la chambre à coucher de M. Crachmann.
Celui-ci, affolé devant la situation critique dans laquelle il se trouvait, pensa tout d'abord à sauver sa femme pendant que, dans le passage, les habitants, subitement éveillés, se préoccupaient d'organiser les secours. Mais il restait deux petits enfants dans le logis incendié.
On vit alors M. Charles Schumacher grimper vivement les échelons d'une échelle dressée contre l'atelier et, au milieu de l'épaisse fumée et des flammes qui crépitaient, pénétrer en pleine fournaise, pour arracher les enfants de l'ébéniste à une mort certaine.
Le public qui assistait avec stupeur à ce courageux acte de sauvetage fit une ovation spontanée au petit fantassin que les parents, fous de joie, embrassèrent avec une reconnaissante effusion.

Un aviateur à la revue du 20e corps Roger Sommer passe en volant au-dessus des troupes de l'est

Les personnes qui assistèrent à la revue du 20e corps, à laquelle de nombreux Alsaciens-Lorrains s'étaient rendus, ont vu, outre le beau spectacle militaire qu'elles attendaient, un autre spectacle fort curieux et tout à fait inattendu.
A 9 h. 30, au moment où les troupes prenaient leur formation de rassemblement l'aéroplane Sommer, parti cinq minutes avant, est parvenu ; après avoir évolué au-dessus des troupes, il a repris son vol, a traversé de gauche à droite le champ en longueur et a atterri près de Lenoncourt.
Après la remise des décorations, dont la médaille militaire à un simple soldat, que le général Pau a embrassé aux acclamations de la foule, les troupes ont gagné la droite pour défiler. Sommer est apparu une troisième fois, faisant en sens inverse le voyage ; il a regagné le hangar de Jarville sans incident.