La Conquête de l'Air du Petit Journal

La Conquête de l'Air

Prochaine parution, « Les feuilles volantes de la conquête de l'air » à travers le Petit journal.
Une publication des Editions Limitées, tirage limité, numérotés, commercialisation en avril 2016.


La Conquête de l'Air : 42 Numéros



Conquête de l'air du Petit Journal

20 ème  Année
Dimanche 31 Octobre 1909
Numéro  989
UNE CURIEUSE CÉRÉMONIE À BOULOGNE-SUR-MER

Les Grenadiers Argentins devant le monument du général San-Martin.
Le général José de San-Martin est le héros de l'indépendance des républiques de l4Amérique du Sud. Après avoir servi l'Espagne dans sa jeunesse, il revient dans l'Argentine et en 1812, lors de la guerre de l'Indépendance, il fut chargé du commandement des forces de ce pays.
Quatre ans plus tard, ayant traversé les Andes, il descendit dans les vallées du Chili, attaque les forces espagnoles, les culbuta à Charabuco et fit une entrée triomphale à Santiago.
Ayant assuré l'indépendance du Chili, il passa au Pérou, qu'il délivra également du joug espagnol.
Ainsi successivement, les trois grandes républiques lui durent leur liberté.
So œuvre achevée, il refusa toute récompense, renonça à tous les honneurs et partit pour l'Europe. En 1824, il vint s'établir à Boulogne-sur-mer où il vécut jusqu'en 1850, très aimé de la population dont il se montra l'inlassable bienfaiteur.
Un monument érigé a sa mémoire a été inauguré dimanche. Et, détail curieux, un escadron de grenadiers argentins — les grenadiers de San-Martin — est venu assister à l'inauguration.
Ces grenadiers dont le nom perpétue le souvenir du glorieux libérateur de l'Argentine, n'ont presque pas modifié l'uniforrequ'ils portaient à l'époque de l'indépendance. Et, comme l'observait justement un de nos confrères, ce fut une évocation singulière que ce défilé de soldats vêtus d'un uniforme du temps du 1er Empire, à Boulogne, sur l'emplacement même du camp de la Grande Armée.

Une grande date dans l'histoire de l'aviation. Lundi 18 Octobre 1909: Le Comte de Lambert évolue en aéroplane au-dessus de Paris

Il faut marquer cette date désormais fameuse dans l'histoire de la navigation aérienne. Ce jour-là, à 4 h 35, à bord de son biplan Wright, le comte de Lambert partit de l'aérodrome de Port-Aviation, et mit le cap résolument sur Paris.
Mais laissons-lui la parole :
« Je montai rapidement, dit-il, je sortis de l'aérodrome, je dépassai la colline et je poursuivis mon chemin, heureux du chant de mes quatre cylindre. A partir de l'instant où j'aperçus la Tour Eiffel, ma tâche fut facile. Je maintins la direction vers ce but et, je ne le cache pas, en passant sur Paris, sur la grande ville qui grouillait à mes pieds, grande fut ma joie d'entendre toujours le mot d'encouragement de mon fidèle moteur qui me comprenait si bien.
« Enfin, voici la Tour Eiffel, je la double en passant à environ cent mètres au-dessus de son sommet, et en route pour le retour !... Sans m'en douter, j'ai encore augmenté mon altitude, j'ai dû monter à six cents mètres ; aussi je dus descendre assez vite quand j'aperçus Port-Aviation. Tout marcha bien et je suis enchanté de ma promenade... »
Cette prouesse, que le vaillant aviateur rapporte avec tant de complicité et de modestie, a transporté Paris d'enthousiasme.
Et c'est pour en fixer à tout jamais le souvenir jusque dans les plus lointaines campagnes que, d'après les documents photographiques les plus exacts, le Supplément du Petit Journal a tenu à en reproduire la phase la plus sensationnelle.