La Conquête de l'Air du Petit Journal

La Conquête de l'Air

Prochaine parution, « Les feuilles volantes de la conquête de l'air » à travers le Petit journal.
Une publication des Editions Limitées, tirage limité, numérotés, commercialisation en avril 2016.


La Conquête de l'Air : 42 Numéros



Conquête de l'air du Petit Journal

21 ème  Année
Dimanche 21 Août 1910
Numéro  1031
LES AVIATEURS MILITAIRES À LA FRONTIÈRES DE L'EST

Nos officiers aviateurs ont fait ces temps derniers de superbes prouesses, et la foule ne leur a pas marchandé les ovations. les progrès de l'aviation militaire, pour s'être accomplis en silence n'en ont été que plus éclatants. nos officiers ont prouvé qu'ils sont maître de leur instrument. Ils partent au commandement, voyagent à deux ; ce sont les conditions d'utilisation en guerre. Dès maintenant, ils rempliraient ainsi tout leur rôle militaire.
Après les raids impressionnants accomplis par plusieurs d'entre eux, une épreuve difficile leur fut imposée.
A quelques pas de la frontière, près de Monel-sur-Seille, et non loin d'un pont que jalonnent de chaque côté les poteaux-frontières français et allemand, fut planté un drapeau tricolore que le vainqueur devait aller chercher.
C'est l'arrivée d'un aéroplane militaire en vue de ce but qui fait le sujet de notre gravure.

Arrivée à Paris de Moussa Ag Amastane

Nous disons plus loin, dans notre « Variété » ce qu'est ce grand chef Targui qui honore en ce moment la France de sa visite. Moussa ag Amastane est un fidèle ami de notre pays et notre plus précieux auxiliaire au Sahara.
En récompense des services qu'il n'a cessé de nous rendre, le gouvernement lui ayant fait demander quelle récompense lui ferait le plus plaisir, Moussa demanda l'autorisation de visiter la France. Et le colonel Laperrine l'emmena à Paris.
Moussa est accompagné de deux de ses cousins, son khalifa Souri ag Chekkal, et le brigadier Ouenni ag Mennir, un des premiers Touareg ralliés à notre cause.
Son voyage a été un long émerveillement. Le paquebot qui l'amena à Marseille, l'automobile qui le promène à Paris, la hauteur des maisons, la belle ordonnance des troupes qu'il a vu manœuvrer, le fonctionnement de la télégraphie sans fil qui lui permit de communiquer de Marseille à Alger avec le général Bailloud, tout cela le plongea dans une admiration et un étonnement profonds. Et le grand chef targui résuma ses sentiments par un mot qui est le plus bel éloge qu'un homme primitif puisse faire de notre civilisation.
« Les hommes qui ont fait tout cela, s'est-il écrié, sont aussi puissant que Dieu ».