La Conquête de l'Air du Petit Journal

La Conquête de l'Air

Prochaine parution, « Les feuilles volantes de la conquête de l'air » à travers le Petit journal.
Une publication des Editions Limitées, tirage limité, numérotés, commercialisation en avril 2016.


La Conquête de l'Air : 42 Numéros



Conquête de l'air du Petit Journal

21 ème  Année
Dimanche 17 Avril 1910
Numéro  1013
UN DUEL À COUPS DE MANCHE DE FOUET

Les deux cochers de fiacre qui furent les héros de cette rencontre, avaient, jusqu'à ces jours derniers, entretenu les relations les plus pacifiques. Malheureusement, comme dans la fable, une poule survint, sous l'aspect d'une fort accorte blanchisseuse.
Et aussitôt les deux hommes se jalousèrent ; d'aigres propos furent échangés.
Cette rivalité leur inspira une solution assez moyenâgeuse : ils résolurent de se rencontrer sur le talus des fortifications, non pas le bâton à la main comme les vilains de jadis, mais armés chacun d'un fouet solide dont ils convinrent de s'enrouler la lanière autour du poignet afin de mieux utiliser le manche.
Donc, un de ces derniers soirs, les deux hommes, torces nus, s'administraient une formidable tournée de coups de manche de fouet, lorsque des agents cyclistes, arrivés sans bruit, mirent fin à cette étrange rencontre.
Il était temps ; les deux cochers avaient le visage en sang.
Le plus triste dans l'affaire, c'est que la jeune personne en l'honneur de qui les deux automédons se sont rossés a nettement déclaré qu'elle ne donnerait jamais son cœur à un homme qui manie si habilement un manche de fouet.

Le ballon Allemand « Pommern » se perd dans la baltique trois passagers sont tués

Le ballon « Pommern » qui, parti de Stettin, sombra dans la Baltique, avait eu, avant la catastrophe finale, de graves incidents de route. Il avait été poussé d'abord dans des fils télégraphiques, puis contre les bâtiments d'une fabrique ; la partie supérieure d'une cheminée fut coupée en deux.
Les quatre passagers étaient, outre le député au Reichstag Delbrück, un employé de banque, M. Semmelhack, le seul survivant ; un conseiller des constructions, M. Benduhn, et un marchand, M. Hein.
Sur le choc qui a occasionné la chute, l'employé Semmelhack, a donné ces détails :
« M. Delbrück a eu une grave blessure à la tête ; le conseiller Benduhn a eu un bras et une jambe brisés, ainsi que de graves contusions à la tête ; le marchand Hein a eu une blessure légère à la tâte. Quant à moi, j'ai été précipité avec une grande violence contre le bord du ballon et j'ai perdu connaissance.
» Dès le choc contre les fils télégraphiques, une partie des cordages avaient été arrachés, si bien que l'on pouvait s'attendre d'un moment à l'autre à voir l'enveloppe se détacher et le ballon précipité sur le sol d'une hauteur de 1.900 mètres.
» Pour procéder à l'atterrissage, M. Delbrück voulait ouvrir la soupape ; mais la corde qui était dans le ballon se rompit. Nous sommes alors passés au-dessus de Haff et de Swinemunde et nous planions au-dessus de la mer Baltique.
» Enfin, au nord-est de Rugen, près de Sassnitz, M. Delbrück arriva à déchirer l'enveloppe et nous fûmes une chute terrible dans l'eau.
» Nous parvînmes tous les quatre à nous arracher de la nacelle, mais nous étions absolument épuisés et nous nous enfonçâmes l'un après l'autre.
» A bout de forces, je pus atteindre en nageant l'enveloppe du ballon, me tirer du réseau de cordages et m'étendre sur l'enveloppe en attendant les sauveteurs qui approchaient déjà, ensuite je perdis connaissance. »