La Conquête de l'Air du Petit Journal

La Conquête de l'Air

Prochaine parution, « Les feuilles volantes de la conquête de l'air » à travers le Petit journal.
Une publication des Editions Limitées, tirage limité, numérotés, commercialisation en avril 2016.


La Conquête de l'Air : 42 Numéros



Conquête de l'air du Petit Journal

21 ème  Année
Dimanche 25 Septembre 1910
Numéro  1036
PAS DE RUBAN TRICOLORE !

Défense de déposer des gerbes de fleurs aux couleurs françaises sur les tombes des victimes de 1870.
La série des mesures mesquines et vexatoires contre la France et tout ce qui est français, continue en Alsace-Lorraine. Après les accès de gallophobie déterminés par le triomphe du circuit de l'Est, la défense de chanter la Marseillaise, les formalités imposées à toutes société de musique ou de gymnastique désireuse de prendre part à quelque concours en France, voici que des chauvins pangermanistes troublent par leurs exigences blessantes les cérémonies en souvenir des victimes de la guerre.
Dernièrement, au cimetière de Metz, une cérémonie commémorative avait lieu au pied du monument des soldats français morts pour la patrie.
Déjà deux cousines avaient été déposées sur le monument, l'une aux couleurs de la Ville de Metz, l'autre aux couleurs de la Lorraine. On en apporta une troisième envoyée par le Souvenir Français et cravatée du ruban tricolore.
Mais un capitaine bavarois représentant l'autorité militaire s'avança et exigea que le ruban tricolore fût enlevé de la couronne.
Force fut au délégué du Souvenir Français de défaire le nœud et d'enlever le ruban bleu, ne laissant ainsi attachés que le rouge et le blanc qui sont les couleurs de la Lorraine.
« Nous forcerons bien les Alsaciens-Lorrains à nous aimer », s'écriait l'autre jour un pangermaniste...
Par ces moyens-là, c'est douteux...

La vache et l'aéroplane

Ce n'est point une fable : c'est une histoire arrivée. Dans une prairie, aux Etats-Unis, une vache paissait tranquillement sous la surveillance d'une jeune vachère. Soudain, apparut à l'horizon un immense oiseaux qui volait avec un bruit infernal. La vache, qui n'avait jamais vu d'aéroplane, fut prise d'abord d'une peur affreuse et se mit à courir comme une folle à travers son pacage. Mais voici que l'oiseau descendit mollement et vint s'abattre dans la prairie. Alors la peur de l'animal se changea en une colère soudaine devant cette invasion de son domaine. D'un bond, la bête fut sur l'aéroplane et se mit à le déchirer à belles cornes, tandis que l'aviateur, prudemment, s'enfuyait.