La Conquête de l'Air du Petit Journal

La Conquête de l'Air

Prochaine parution, « Les feuilles volantes de la conquête de l'air » à travers le Petit journal.
Une publication des Editions Limitées, tirage limité, numérotés, commercialisation en avril 2016.


La Conquête de l'Air : 42 Numéros



Conquête de l'air du Petit Journal

19 ème  Année
Dimanche 13 Décembre 1908
Numéro  943
MADAME STEINHEIL DANS SA PRISON

L'évocation d'une nuit tragique
Cette nuit tragique, c'est celle du samedi 30 au dimanche 31 Mai 1908.
Le matin de ce dimanche-là, dans un hôtel particulier du quartier de Vaugirard, situé 6 bis, impasse Ronsin, on trouva le peintre Steinheil et sa belle-mère, Mme Japy, assassinés. Ils avaient été étranglés au moyen de cordelettes. D'autre part, Mme Steinheil gisait sur son lit, ligotée elle aussi et bâillonnée avec un tampon d'ouate. Le domestique, Rémy Couillard, logé dans les combles, découvrit le crime à six heures du matin. Il avait rien entendu.
Cette affaire étrange et mystérieuse passionna tout de suite l'opinion publique.
Des hypothèses plus ou moins romanesques furent mises en circulation. La police suivit plusieurs pistes qui ne donnèrent aucun résultat. bientôt la curiosité populaire se ralentit. L'affaire semblait classé populaire se ralentit. L'affaire semblait classé, oubliée, quand, spontanément, la veuve du peintre en ranima l'intérêt par des révélations fantaisistes et inattendues.
Après avoir raconté une histoire singulière de femme rousse et d'assassins vêtus de lévites, Mme Steinheil accusa formellement le valet de chambre, Rémy Couillard, puis le fils de sa cuisinière, Alexandre Wolff. L'enquête ne tarda pas à démontrer que ces accusations étaient dénuées de fondement.
Et c'est alors que la justice, mise en éveil par ces tergiversations et ces manœuvres tentées dans le but d'égarer ses recherches, inculpa la veuve du peintre de « complicité de meurtre par aide et assistance » et la fit arrêter.
L'intérêt fébrile qui, depuis lors, s'attache à toutes les phases de cette affaire sensationnelle n'a fait que croître. Les conditions d'existence de l'inculpée, ses relations mondaines, l'influence qu'elle exerçait par une sorte de charme fatal sur tous ceux qui l'approchaient, son intimité avec un grand personnage de l'Etat mort subitement en 1899, et le rôle qu'on lui attribue dans cette circonstance tragiquement historique, tout cela, joint à ses mensonges successifs et au mystère qu'elle semblait vouloir entretenir autour de l'assassinat de sa mère et de son mari, a porté au comble la curiosité publique.
Et l'on peut dire que l'affaire Steinheil occupera l'une des pages les plus palpitantes, les plus passionnantes de l'histoire des causes célèbres de tous les temps.

Ballon allemand attaqué par des Cosaques

On n'accueille pas partout les aéronautes allemands avec la même bonne grâce. On sait que depuis quelques temps, les ballons montés par des officiers allemands viennent en grand nombre atterrir sur notre sol.
Malgré la fréquence un peu indiscrète de ces excursions aériennes et de ces atterrissages en territoire français, on fait généralement aux aéronautes du pays voisin une réception cordiale.
Or, il n'en est pas de même en Russie.
Ces jours derniers, des cosaques de la frontière ont tiré une centaine de coups de feu sur un ballon allemand, bien qu'il eût hissé le drapeau national. L'aérostat, qui a été atteint à plusieurs reprises, était poussé, par le vent, vers la frontière russe, mais il planait encore sur le territoire allemand.
En jetant du lest, les aéronautes sont parvenus à se soustraire à de nouvelles attaques.