La Conquête de l'Air du Petit Journal

La Conquête de l'Air

Prochaine parution, « Les feuilles volantes de la conquête de l'air » à travers le Petit journal.
Une publication des Editions Limitées, tirage limité, numérotés, commercialisation en avril 2016.


La Conquête de l'Air : 42 Numéros



Conquête de l'air du Petit Journal

12 ème  Année
Dimanche 20 Janvier 1901
Numéro  531
ÉVÉNEMENT DE CHINE EXÉCUTION À PAO-TIN-FOU - LES AÉROSTATS

Exécution à Pao-Tin-Fou
Nous avons raconté récemment la brillante expédition de nos troupes à Pao-Tin-Fou.
La ville prise, le général Bailloud a procédé à une exécution nécessaire.
En dépit des Anglais qui voulaient le déposséder quoique arrivés longtemps après nos hommes, il a fait appréhender trois des personnages les plus important, les a jugés et comme ils étaient convaincus de massacres, les a condamnés et fait décapiter.
Au moment de leur supplice, il faisait sauter et incendier les murailles de la ville.
L'exemple profitera. Les Chinois de la région sont frappés de terreur. Les suppliciés sont, en effet, de si gros personnages que l'on a eu toutes les peines du monde à trouver un bourreau qui consentît à les exécuter. On dut employer la ruse et la force.

Inventions illustre
Les aérostats
L'invention des aérostat est l'origine toute française.
En 1783, les frères Montgolfier (Etienne et Joseph), fils d'un fabricant de papier d'Annonay, après des essais faits en secret dans une chambre, tentèrent d'enlever dans les airs un corps gonflé à l'air chaud. Cette première tentative ayant donné un résultat assez satisfaisant ils songèrent à faire la chose plus en grand et à tenter une expérience publique sur une place d'Annonay.
Ils construisirent une machine aérostatique en toile d'emballage doublée de papier. Dans sa partie inférieure ils avaient disposé un réchaud où ils firent brûler de la paille mouillée et de la laine hachée. La machine ainsi gonflée d'un gaz moitié mons pesant que l'air s'éleva à 500 mètres.
Devant la curiosité soulevée dans toute la France aussi bien dans le peuple que dans le monde des savants, par ce premier succès, l'ingénieur Charles et les frères Robert, habiles constructeurs d'instrument de physique, cherchèrent à renouveler l'expérience en la perfectionnant. bien que n'étant pas fixés sur la nature du gaz employé par les frères Montgolfier, ils firent, eux aussi, une machine analogue er employèrent pour la remplir le gaz hydrogène, quatorze fois plus léger que l'air et récemment découvert par un savant anglais. Une souscription, qui rapporta 10.OOO francs leur permit d'édifier leur machine et la veille du jour fixé pour l'ascension le ballon fut porté de nuit, escorté d'un détachement du guet, au Champ-de-Mars.
Le 27 août 1783, à trois heures, une foule immense se portait au Champ-de-Mars. La place était garnie de troupes. Les bords de la Seine, l'École militaire et tous les alentours étaient occupés par les curieux, parmi lesquels circulaient en nombre les voitures du grand monde. Malgré la pluie qui tombait, les femmes les plus élégantes ne cherchaient pas à s'abriter. Et quand, délivré de ses liens, le ballon s'élança avec une vitesse vertigineuse à 2.000 mètres environ, l'enthousiasme devint indescriptible.
Beaucoup de personnes fondaient en larmes, d'autres s'embrassaient. C'était du délire !

Au Transvall
Les prisonnières boers

Les Anglais espèrent sans doute intimider par leurs violences les ennemis qu'ils ne peuvent vaincre.
Je doute que ce procédé leur réussisse ; ils n'arriveront qu'à indigner un peu plus les nations civilisées et a exaspérer davantage ceux qu'ils combattent avec si peu de succès.
Voici comme ils traitent les malheureuses femmes qu'ils ont emmenées à Port-Elisabeth ; nous citons textuellement le récit de M. Van der Velt, témoin oculaire :
« Je ne pus retenir mes larmes à la vue d'une bande de femmes, d'une maigreur famélique, n'ayant sur elles pour se couvrir que les vêtements strictement indispensables. La soldatesque qui les avait expulsées de leurs habitations, la torche à la main, ne leur avait même laissé le temps de se vêtir. nombre de ces femmes, en état de grossesse avancée, vont pieds nus, ne possédant ni bas ni laine pour en tricoter. Les malheureuses créatures passent des nuits glaciales sous des tentes, couchées sur de simples planches ; de lits nulle part. Beaucoup d'entre elles couchent même sur le sol détrempé par les pluies, et le plus grand nombre envient le sort de celles de leurs compagne qui ont trouvé un abri dans les écuries vides ; là, du moins, elles sont au sec.
» Des dames charitable du Cap font de leur mieux pour remédier à ces misères, mais elles sont hors d'état de secourir des milliers d'infortunées dont le nombre grossit chaque jour par l'arrivée de nouveaux convois. »