La Conquête de l'Air du Petit Journal

La Conquête de l'Air

Prochaine parution, « Les feuilles volantes de la conquête de l'air » à travers le Petit journal.
Une publication des Editions Limitées, tirage limité, numérotés, commercialisation en avril 2016.


La Conquête de l'Air : 42 Numéros



Conquête de l'air du Petit Journal

12 ème  Année
Dimanche 25 Août 1901
Numéro  562
UN NAUFRAGE AÉRIEN - LE "DIRIGEABLE" DE M. SANTOS - DUMONT

Quand M. de Santos-Dumont aura gagné le prix Deutsh, il faut convenir qu'il l'aura pas volé.
On sait que ce prix de cent mille francs est destiné par son fondateur à l'aéronaute qui, parti des coteaux de Saint-Cloud, t sera revenu au bout de trente minutes après avoir doublé la Tour Eiffel.
Une première fois, M. de Santos-Dumont fit le parcours, mais gêné par le vent il dépassa de quelques minutes le délai fixé.
C'était à refaire. Le jeune aéronaute attendit un temps plus favorable, et il y a quelques jours, à 6 heures 11 du matin, il quittait les coteaux de Saint-Cloud.
Tout alla bien au début : les curieux le virent doubler rapidement la Tour Eiffel et revenir avec une aisance qui ne laissait aucun doute sur son succès ; quand tout à coup après quelques ondulations inquiétantes son appareil disparut.
Il venait de descendre brusquement et de se briser sur le toit d'une grande maison du quai de Passy. Par bonheur, la partie qui soutenait la nacelle était restée accrochée. Grâce au secours de M. Gustave Cassafier, ancien zouave, qui, aidé de quelques passants, lui lança des cordes, M. de Santos-Dumont fut sauvé.
L'accident provient du manque de rigidité du réservoir de gaz ; la dilatation prévue ne s'y étant pas produite dans les conditions attendues, le vent qui était debout au retour creusa dans l'étoffe et rompit l'équilibre.
M. de Santos-Dumont connaît la cause de son accident, il y remédiera ; il ne demande que quinze jours pour construire un nouvel appareil avec lequel bien certainement, cette fois, il réussira.

Braves bêtes

Nous livrons à l'admiration de la postérité les noms de Macbeth et d'Haydée, deux chiennes qui viennent de se conduire de façon héroïque.
Elles appartiennent à la forte race des dogues de Bordeaux, dont la vaillance s'appuie sur des crocs redoutables.
Leur maître, M. Nouaille, monté à bicyclette, descendait, précédé par elles, la rue Julien-Lacroix ; il était une heure du matin.
trois rôdeurs se précipitèrent sur lui, le firent tomber, le rouèrent de coups et le dévalisaient à fond, quand la scène changea.
Les deux chiennes, étonnées de ne plus entendre leur maître derrière elles, étaient revenues ; elles se précipitèrent sur les rôdeurs qu'elles mordirent si cruellement qu'après s'être à grand peine débarrassées d'elles, les gredin ne songèrent qu'a se sauver au plus vite.
M. Nouaille doit probablement la vie à ses chiennes Macbeth et d'Haydée.