La Conquête de l'Air du Petit Journal

La Conquête de l'Air

Prochaine parution, « Les feuilles volantes de la conquête de l'air » à travers le Petit journal.
Une publication des Editions Limitées, tirage limité, numérotés, commercialisation en avril 2016.


La Conquête de l'Air : 42 Numéros



Conquête de l'air du Petit Journal

25 ème  Année
Dimanche 05 Juillet 1914
Numéro  1233
LES MÉFAITS DE L'ORAGE VINGT SOLDATS FOUDROYÉS

L'été orageux que nous subissons, a causé, d'un bout à l'autre du pays, ombre d'accidents graves. Celui dont le camp de Cercottes fut le théâtre, pour n'avoir pas entraîné mort d'homme, n'en fut pas moins déplorable par le nombre des blessés.
Un détachement d'artillerie du 45e régiment, était occupé, dans le champ de tir, à la corvée de « raffut », qui consiste à ramasser les débris de balles et d'obus, lorsque l'orage éclata. L'adjudant chef, qui commandait, ordonna à ses hommes de se réfugier sous l'un des abris du camp.
les soldats venaient à peine d'y pénétrer lorsqu'un éclair sillonna la nue. La foudre, avec un fracas effroyable, tomba à une centaine de mètres. Malheureusement, le fluide rencontra un réseau téléphonique communiquant avec l'abri militaire. La foudre suivit le chemin et, après avoir traversé la toiture, vint se perdre au milieu du campement improvisé des artilleurs.
Le choc fut terrible. Les militaires furent renversés, culbutés violemment les uns sur les autres et brûlés, pour la plupart, en diverses partie du corps. Deux d'entre eux furent transportés à l'hôpital militaire dans un état assez grave. Dix-huit autres, moins grièvement atteints ont été envoyés à l'infirmerie.

Catastrophe aérienne en Autriche
Collision entre un dirigeable et un aéroplane

Parmi toutes les catastrophes qu'a entraînées la conquête de l'air, il n'en est pas de plus terrible que celle qui vient de se produire en Autriche.
Un dirigeable du type Kœerling faisait une sortie, ayant à son bord huit personne : un capitaine, trois lieutenants, un officier de la flotte de guerre, un ingénieur civil et deux mécaniciens.
Il venait de survoler Vienne et avait gagné la banlieue de la capitale autrichienne lorsqu'un biplan, monté également par deux officiers, se mit à la poursuite de l'aéronat. Il l'atteint, tourne plusieurs fois autour de lui, essaye de passer par dessus. Or, en effectuant cette dernière manœuvre, l'aéroplane effleure l'enveloppe du ballon et lui fait une déchirure.
Une explosion s'ensuit ; le ballon s'enflamme aussitôt et tombe ainsi que l'aéroplane, d'une hauteur d'environ 400 mètres. Quelques secondes après, les deux engins viennent s'écraser sur les flancs de la montagne du Kœnigsberg.
Lorsqu'on se porta au secours des victimes, on trouva les cadavres des huit passagers du dirigeable carbonisés et méconnaissables. Ceux des aviateurs étaient horriblement mutilés.