La Conquête de l'Air du Petit Journal

La Conquête de l'Air

Prochaine parution, « Les feuilles volantes de la conquête de l'air » à travers le Petit journal.
Une publication des Editions Limitées, tirage limité, numérotés, commercialisation en avril 2016.


La Conquête de l'Air : 42 Numéros



Conquête de l'air du Petit Journal

25 ème  Année
Dimanche 04 Octobre 1914
Numéro  1241
L'EMPEREUR DES VANDALES

A NOS LECTEURS
A partir du présent numéro, le Supplément illustré du Petit Journal reprend régulièrement sa publication hebdomadaire.
Depuis le commencement de la guerre, les difficultés d'expédition et la pénurie du papier nou avaient mis dans la nécessité d'espacer cette publication. Mais tous nos efforts ont tendu à ne pas l'interrompre. Et nous avons pu, en dépit de toutes les difficultés, publier en aût et en septembre deux numéros qui, dans la collection de l'année, devront prendre place entre notre dernier numéro régulier (n° 1238 — 9 Août 1914) et le numéro d'aujourd'hui (n° 1241).
Nous avons mis à profit cette interruption momentanée pour satisfaire aux vœux d'un grand nombre de lecteurs et d'effectuer sur les machines les modifications nécessaires à la réduction de notre format.
Nous espérons que sous cette forme plus pratique, plus maniable, le Supplément illustré du Petit Journal, toujours soucieux comme par le passé de donner à ses lecteurs de superbes compositions en couleurs, des gravures inspirées de la plus vive actualité et des pages littéraires de nos meilleurs écrivains, retrouvera auprès du public le succès qui depuis un quart de siècle, ne l'a jamais abandonné.

L'empereur des vandales
Parmi les ruines qu'il a faites ou qu'il a laissé faire, l'empereur des Vandales se dresse dans sa grotesque et barbare majesté. Sa botte triomphante écrase les merveilles du passé : l'empereur des Vandales n'a point de respect pour l'art, pour la beauté ; il détruit sans vergogne ce que les siècles ont vénéré, ce que le monde entier admire.
L'empereur des Vandales se prétend le chef d'un peuple cultivé : ce n'est qu'un reître couronné.

Un duel d'aéroplanes
Védrines abat un avion allemand
Un sapeur du génie, fils d'un conseiller municipal de Nevers, écrivait ces jours derniers à ses parents :
« Ce matin, au moment où notre convoi quittait S..., un aéro allemand est survenu nous survoler. Nous l'avons salué de salves nourries qui l'ont touché, sans l'abattre »
A ce moment, Védrines, avec son Blériot de 180 chevaux, s'est mis à sa poursuite. Durant 8 minutes, ça été angoissant. Mais Védrines est monté à 2.000 mètres et à coups de mitrailleuse l'a abattu. La Taupe est tombé comme une masse et vous jugez de notre joie ! »
« En 15 minutes, depuis le départ, Védrines était monté à 2.000 mètres, avait « descendu » le Taube (le 21e allemand) et était revenu à terre. »
« C'est le deuxième qu'il abat en trois jours. »

Les Villes martyres - Reims

Nous consacrerons dorénavant une page de chacun de nos numéros aux villes martyres, aux villes martyrisées, pillées, bombardées, incendiées par les Barbares envahisseurs.
Nous donnons aujourd'hui plusieurs vues des monuments de Reims sur lesquels s'acharna la sauvagerie teutonne.
Reims, l'une des plus anciennes, des plus riches, des plus belles villes de France, la ville élue de notre histoire, a été occupée, bombardée par eux. Et, comble d'infamie ! sans raison d'aucune sorte, sans nécessité militaire, pour satisfaire uniquement leurs instincts de brutes, ils ont détruit l'admirable cathédrale du treizième siècle, le plus parfait, le plus achevé de nos monuments gothiques.
« Pendant deux jours, sans arrêt, dit un témoin, la cathédrale visée par leurs bombes, a fini par être incendiée. Nous avons assisté à ce sacrilège, et les larmes aux yeux d'émotion, nous avons regardé ce spectacle épouvantable de notre belle cathédrale en flammes. Heureusement, les quatre murs et les tours sont restés debout et la voûte de la nef a résisté, mais le feu a carbonisé bien des sculptures, brisé les vitraux en partie et détruit toute la toiture. C'est la honte des Allemands, et le monde entier les en méprisera davantage encore. »
Comment, en effet, le monde civilisé pourrait-il oublier pareil forfait ?