Les numéros incontournables du Petit Journal

Les numéros incontournables

Certains numéros du Petit Journal sont devenus, par leurs illustrations, la gravité de l'événement raconté ou la polémique suscitée, figure mythique de la mémoire collective.


Les incontournables : 14 Numéros



8 ème  Année
Dimanche 28 Février 1897
Numéro  328
AU PALAIS DE L'INDUSTRIE LES CHARS DU BOEUF GRAS

L'expérience de l'année dernière a été bonne ; depuis si longtemps supprimé, le Bœuf gras avait fait une glorieuse réapparition, et l'on s'était enfin convaincu de cette vérité que ceux qui travaillent ont parfois besoin pour se reposer de la distraction de la rue, que trop d'austérité entraîne aux pensées noires, et comme l'a dit, il y a bien des siècles, l'apôtre Saint-Jean, un arc ne saurait toujours être tendu sans que la corde se brise.
L'essai un peu incomplet de l'an passé sera de beaucoup plus brillant la semaine qui vient ; le cortège maigriot que nous avons vu sera véritablement superbe : on en jugera.
Nos dessinateurs ont assisté au Palais de l'Industrie, où tout se prépare, à une sorte de répétition générale des chars.
Sous la direction de M. Zidler, un maître en la matière, on s'organise. Tous les figurants du grand défilé se groupent, remarquablement disciplinés.
Voici représentés les plus beaux chars, ceux du Prince Carnaval, de la Musique, de la Cuisine. Nos lecteurs les auront vus avant la population parisienne qui les attend avec une si vive impatience.

Les inondations en France
Les événements en Crète
Soldat turcs – Soldats grecs

Les inondations en France
Rupture de la digue de Saint-Florent
Les levées de la Loire, qui ont une certaine célébrité, viennent d'être bien éprouvées.
Ces levées sont des élévations de terre et de maçonnerie formant une digue pour retenir les eaux au moment des grandes crues.
Les riverains paient pour ces travaux une somme assez importante et des ingénieurs sont chargés d'en surveiller la solidité.
La levée qui protège les vallées du Mesnil et de Saint-Laurent-du-Mottay s'est rompue à l'endroit qui donnait le moins d'inquiétude. On ne se préoccupait alors que du danger qui menaçait les villages de Chenevau et de la Motte, car en cet endroit, si la levée avait cédé, des villages entiers auraient été entraînés.
La rupture s'est produite beaucoup plus bas, au lieu dit le Pré-des-Frênes, à deux kilomètres du village de Pont-de-Vallée, où commence la levée.
Le 11 février à onze heures, comme le racontait le lendemain matin le Petit Journal, les nommés Jules Chesnes, Grellier père et fils, Jules Monet et Martin étaient occupés à boucher avec d'énormes pierres une fissure qui s'était produite à cet endroit. Tout à coup, ils sentirent le sol fléchir sous leurs pieds. Affolés, ils se sauvèrent à toutes jambes. Martin du côté de Saint-Florent et les autres du côté de Montjan.
Il était temps.
La fissure s'élargissait sous la poussée d'une énorme masse d'eau. C'était l'inondation. Avec un bruit farouche, bondissant, arrachant tout, élargissant le passage, jaillissant un jet d'écume qui devenait un fleuve.
Le spectacle était effrayant : l'alarme avait pu être donnée par Martin et les autres, et les habitants s'enfuyait, emmenant leur bétail et ce qu'ils avaient de plus précieux, pendant qu'au-dessus de leurs têtes sonnait le tocsin.
Sur les parties de la levée restées solides beaucoup d'habitants installèrent leurs campements d'où ils voyaient encore le toit de leurs maisons émergeant de cette plaine devenue un lac, et ils songeaient à leurs semences perdues.
Maintenant tout danger a disparu, mais par quelles angoisses sont passés ces malheureux !
Notre dessin, fait peu de temps après l'événement, en donne une profonde impression.

Les événements en Crète
Soldat turcs – Soldats grecs
Nous n'avons point à insister sur l'importance des événements de Crète ; le Petit Journal quotidiennement tient nos lecteurs au courant de la grave question qui, très justement, occupe l'attention du monte entier.
Mais il nous a paru que l'on s'intéressait à voir des types de soldats grecs et turcs.
Les deux armées sont résolues, elles ont déjà prouvé leur valeur, la résignation dévouée au devoir militaire.